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Exposition conçue et réalisée par Marc Lambert, ethnoscénologue et Sleiman Elbssawmai

Marc Lambert étudie la composition chorégraphique au Bennington College,Vermont, aux Etats-Unis. Il obtient son doctorat (titre de la thèse Ethnoscénologie du Padayani - le corps aux frontières de l'imaginaire) en avril 2004, à l'université Paris 8 Vincennes SaintDenis. Son directeur de thèse, Jean-Marie Pradier, directeur du département Théâtre, est co-fondateur de l'ethnoscénologie et responsable du thème Création, pratiques, publicau sein de l'axe Industries de la culture et arts à la Maison des Sciences de l'Homme Paris Nord. L'ethnoscénologie constitue un axe disciplinaire récent de l'anhropologie de l'esthétique.

Officiellement déclarée en 1995 dans le cadre d'un colloque de fondation placé sous les auspices de l'UNESCO, à Paris, elle se consacre à l'étude des pratiques spectaculaires et performativesdu monde entier dans une perspective transdisciplinaire.
L'ethnoscénologie associe la méthode scientifique et le savoir du praticien. Son but avoué est de maîtriser, dans la mesure du possible, toute forme d'ethnocentrisme dans l'approche du sensible dans un contexte culturel donné.
Marc Lambert est danseur et chorégraphe. Il étudie le Kalaripayat depuis 1993, sous la direction de Gurukkal Ramachandran (Madhavamatam CVN Kalari). Par ailleurs, il est incorporé, officiellement en 1998, au Gothra Kala Kalari du village de Kadammanitta, en tant que membre du groupe de danse traditionnelle d'origine martiale - le Padayani - sous la direction de K. Reghukumar.
  
Marc Lambert : Le Padayani est un art de la nuit et un rite du feu. Une fois par an, pendant dix jours, la communauté des villageois est conviée à affronter les représentations de sa psyché. Les processus symboliques de la sexualité et de la reproduction, gouvernés par une entité ou un groupe d'entités, sont au centre du rite.Très tôt, avec le médium photo, j'ai senti s'installer une connivence avec mes amis performers. Fort de mon appartenance au groupe et de cette confiance mutuelle, j'ai pu traiter cette matière comme un objet de ma culture dansée, loin de toute référence indienne convenue, bousculant ainsi les catégories de modernité dans le champ de la tradition dravidienne, avec la bénédiction des maîtres de transmission. Il en a été de même en Kalaripayat Vadakkan (style Nord) où progressivement, sur une décennie, j'ai demandé aux performers de mon kalari (Madhavamatam CVN Kalari) de bien vouloir sortir du temple afin d'explorer avec plus d'espace et de lumière naturelle les processus de "Meyppayat"

L'excellence de cette préparation corporelle au combat fut représenté très tôt par les danseurs modernes du monde entier. J'ai à mon tour été tenté de traiter photographiquement cet exercice comme de la danse, alors que ce n'en est pas. Les séquences de combat armé (épée, bâton...) apparaissent, elles, beaucoup plus hiértiques et formelles comparées au style Sud.
Quant au Kalaripayat de style Sud, montré ici avec tous les performers du Kalari Sangham et de leur guru Gilston Prakash, j'ai enfin compris pourquoi ces démonstrations ne pouvaient être données publiquement. Le caractère vulgaire des attaques et des parades, les coups bas au sens propre sont fréquents dans cette forme de "close-combat". Ce qui par contre m'a surpris, c'est l'état d'ivresse performative communicative du groupe avec qui j'ai travaillé, deux heures durant, cet été au Kérala. Les deux campagnes Kalaripayat Nord et Sud ont été réalisées d'avril à juin 2004, sur une commande d'Ibrahim El Marhomy, président de la Fédération Française de Karaté Traditionnel.
   
Contacts service communication :
Myriam Danon-Szmydt
01 55 93 93 13 danon@mshparisnord.org
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