Quatrième volet

 

STRUCTURE FÉDÉRATIVE ET COOPÉRATIVE

 

 

 

Comment traduire dans la réalité des collaborations internes et externes de la future MSH les exigences qui lui sont assignées par le ministère ajoutées aux impératifs découlant de la forme et du contenu du programme scientifique dont nous venons d'esquisser les contours ?

Prenons un exemple. Comme cela a été rappelé à plusieurs reprises, la MSH "Paris Nord" ne doit pas se contenter des ressources "locales" — celles des universités et établissements de son environnement immédiat — mais s'ouvrir à des équipes situées ailleurs, dans le reste de la région parisienne et même à l'étranger. Le problème est évidemment qu'une équipe située à Montréal ou à Karlsruhe ne peut avoir ni le même statut ni les mêmes droits et devoirs par rapport à elle qu'une équipe se trouvant à Saint-Denis ou à Villetaneuse. De quelle manière organiser leurs contributions respectives ?

De même, la MSH "Paris Nord" et la plateforme qui lui est associée sont très loin d'intervenir sur un territoire vide. Bien au contraire, ressources scientifiques, partenaires potentiels, projets complémentaires et parfois un peu concurrents y abondent. Comment développer avec ces structures, programmes et projets des relations de partenariat, optimisant proximités géographiques et complémentarités fonctionnelles ?

C'est à des questions de ce type que les développements ci-dessous sont consacrés. Ils s'articulent autour de trois points, touchant successivement à un certain nombre de facilités offertes par la MSH ("Fonction d'accueil"), à son organisation interne ("Trois ensembles concentriques") et à la nature de ses relations avec un certain nombre d'organismes et de structures de son environnement géographique ou scientifique plus ou moins proche ("Complémentarités fonctionnelles").

 

 

 

1 - Fonction d'accueil

 

A ce stade, il ne faut pas se cacher que rien n'est joué : l'annonce de quelques bonnes intentions n'amènera pas forcément les équipes de la future MSH à s'engager dans des collaborations, toujours plus faciles à envisager qu'à réaliser. Et il y a encore trop de ces "génuflexions rituelles devant l'autel de l'interdisciplinarité" dont parle le président de l'Association internationale de Sociologie, Immanuel Wallerstein, lors du dernier congrès de cette association, pour que l'on ne soit pas obligé de se montrer extrêmement vigilant quant aux conditions concrètes d'une interdisciplinarité active :

"Aujourd'hui, l'institutionnalisation des divisions nominales des sciences sociales est très marquée, en dépit des génuflexions rituelles devant l'autel de l'"l'interdisciplinarité".

Le même Wallerstein rappelle cependant opportunément ce qu'à son niveau, chaque chercheur perçoit aujourd'hui plus ou moins nettement :

"Il existe des processus internes à chacune de nos organisations qui sont en train de détruire les frontières sans intervention d'un quelconque processus volontariste de réforme. Des chercheurs individuels sont en quête de collègues avec lesquels créer les petits groupes et réseaux qu'ils estiment nécessaires pour effectuer leur travail. Et de tels réseaux accordent de moins en moins d'attention aux labels disciplinaires"

 

Tels pourraient être, à ce stade, l'avantage de la MSH, sa première contribution, l'essentiel de la valeur qu'elle ajouterait par rapport aux structures existantes, universités, maisons monodisciplinaires : fournir à ces "collèges invisibles", à ces "petits groupes" et "réseaux" comme les nomme Wallerstein, un terrain neutre, des surfaces communes de travail et de rencontre, où la cafétéria n'a d'ailleurs pas forcément le rôle le moins important. Autrement dit, offrir aux chercheurs les moyens matériels d'authentiques corrélations, aux antipodes de toute injonction volontariste.

Laissons cependant la cafétéria aux architectes et venons-en à un aspect qui relève davantage de nos compétences : la question du centre de documentation.

 

Condition nécessaire n°1 : le centre de documentation•

 

Parmi les moyens à mettre à la disposition des chercheurs, figure évidemment un centre de documentation, combinant bibliothèque, archives et lieu de consultation d'informations en ligne ou sur site Il n'est pas utile d'insister sur l'importance capitale d'un tel centre, à la fois pour les ressources qu'il offrira à chaque chercheur et pour le lieu de travail qu'il représentera, pour les équipes hébergées, celles qui seront simplement rattachées à la MSH et tous ceux qui, de l'extérieur et selon des conditions à définir, désireront y accéder.

Sa mise en œuvre se heurtera toutefois à deux problèmes dont, au cours de notre enquête, nous avons débattu à plusieurs reprises et qu'il est indispensable d'évoquer ici, en deçà de toute discussion sur les moyens financiers et techniques à allouer.

• Premièrement, si l'on ne souhaite pas reconstituer la bibliothèque d'Alexandrie (ou simplement la BNF), n'est-il pas impossible d'assurer un fonds commun à toutes les disciplines représentées au sein de la MSH, depuis la sociologie jusqu'aux sciences juridiques et économiques, en passant par la géographie, l'histoire, les sciences de l'information et de la communication, l'esthétique et bien d'autre ?

• Deuxièmement, la situation en région parisienne crée des conditions particulières : des fonds spécialisés, à l'INHA, à l'Iresco, dans certaines universités existent déjà ; d'autre part, de grandes bibliothèques, à commencer par la BNF, fournissent aux chercheurs des outils sans commune mesure avec ceux de la province. Comment agir et quelles décisions prendre pour que le centre documentaire de la future MSH ne fasse pas double emploi, sans parvenir de toutes façons à égaler la richesse de ces fonds ?

 

À ces questions nos réponses tiennent en cinq points. Ce sont moins des préconisations que des propositions que nous soumettons à la discussion et sur lesquels il sera nécessaire d'arrêter rapidement une position avec les experts de la tutelle.

 

a) Il n'est pas discutable que la présence d'une bibliothèque réelle (et pas uniquement virtuelle) constitue une condition sine qua non de l'intérêt que les chercheurs éprouveront à l'égard de la MSH, de leur souhait d'y être hébergés et de la dimension collective du travail qu'ils y effectueront.

La bibliothèque, on le sait bien, ne représente pas seulement, en effet, un lieu où des ouvrages et ressources documentaires sont concentrés et mis à la disposition. Elle est aussi l'un de ces points où se cristallise la vie d'une communauté scientifique aussi bien à travers les rencontres qui peuvent se faire dans les rayons qu'à l'occasion des décisions à prendre en matière de politique d'achat et d'abonnement, par exemple. Sans l'épicentre que constituera sa bibliothèque, il n'y aura pas de MSH.

b) Sans chercher à satisfaire toutes les demandes disciplinaires, il doit être possible d'identifier un fonds commun d'ouvrages. Sous réserve d'investigations complémentaires, cette sorte de socle SHS correspondrait à un volume d'environ 30 000 titres.

Leur acquisition se monterait donc à un coût d'environ 5 millions de francs. Toutefois, il est possible que tous ces ouvrages n'aient pas à être achetés ; une partie au moins devrait pouvoir être fournie par les équipes hébergées au sein de la MSH, qui les possèdent déjà et les mettront à la disposition de la collectivité moyennant leur prise en charge par un ou une documentaliste. Une estimation à confirmer ultérieurement nous amène à penser qu'un budget initial de 2 millions de francs (dont il s'agirait bien évidemment de disposer aussi rapidement que possible) permettrait d'atteindre l'objectif. Il va de soi que les budgets de fonctionnement correspondant devront être disponibles

c) En plus de la constitution de ce fonds commun, il serait souhaitable de favoriser des achats (ou des donations) sur des secteurs plus spécialisés, non couverts ou insuffisamment couverts par les bibliothèques existantes.

Exemples parmi beaucoup d'autres, l'on ne trouve nulle part à Paris de centre possédant l'essentiel de la littérature anglo-saxonne sur les relations entre l'art et les nouvelles images. De même, sur l'étude des médias, si l'Amérique du nord et, dans une moindre mesure, l'Amérique latine sont assez bien représentées, il n'en va pas de même pour l'Allemagne et les pays de l'Europe orientale. De même encore, sur les questions liées à la technologie éducative et à l'industrialisation de la formation, si le déménagement de la bibliothèque de l'INRP se confirme, Paris sera brutalement privé des ressources bibliographiques nécessaires.

Sur ces spécialités et d'autres, qu'il s'agirait d'identifier en fonction des thèmes du programme scientifique, la bibliothèque de la MSH pourra se constituer en centre d'appoint, complémentaire des grands fonds existants. Dans cette perspective, l'on peut également penser que des abonnements aux revues seront d'autant mieux venus, dans certains secteurs à déterminer, que les grandes bibliothèques tendent actuellement à réduire les budgets en leur faveur.

d) Il faut prévoir, en relation avec le Plan de numérisation du Réseau des MSH, d'accorder une place importante aux ressources informatiques et multimédias.

Certes, parier sur le tout réseau ne serait pas raisonnable. Toutefois, le Net constitue une source précieuse d'information ; les grandes bibliothèques, notamment nord américaines et européennes, se sont engagées dans des politiques de mise en ligne, et certaines formes d'édition virtuelle permettent d'ores et déjà d'accéder à distance à d'intéressantes ressources.

Sans par conséquent substituer la consultation en ligne à celle des ouvrages et documents sur place, l'on devra envisager d'intégrer à l'espace "livres, documents et revues" un espace de consultation multimédia. Au départ, et sans faire double emploi avec les équipements disponibles dans les bureaux, un parc de huit postes constituera le minimum minimorum.

 

e) Il est une activité documentaire sur laquelle la plupart des bibliothèques et centres de documentation n'ont pas, à l'heure actuelle, de politique systématique et qui, pourtant, fournirait un adjuvant extrêmement apprécié des chercheurs. Il s'agit des résultats de ce très grand nombre d'enquêtes, sondages, études d'audience ou de marché (par exemple sur les loisirs, les pratiques culturelles, la santé), réalisés par des entreprises privées ou des organismes publics et qu'ils sont souvent disposés à céder à moindre prix, sinon gratuitement, dès lors qu'elles sont devenues caduques.

Il est vrai que les enquêtes des entreprises sont réalisées dans des conditions scientifiques et méthodologiques parfois discutables. Elle n'en ont pas moins une valeur certaine lorsqu'elles sont mutuellement recoupées. Beaucoup plus intéressantes encore sont les études réalisées à l'initiative d'organismes comme le Ministère de la culture et de la communication, notamment sur les pratiques culturelles, pour lesquelles la MSH constituerait un lieu privilégié d'archivage et de mise en valeur. Plus généralement, une politique systématique de veille devrait être encouragée dans ce domaine, supposant l'investissement particulier d'un ou d'une documentaliste connaissant et pratiquant les réseaux où ces archives potentielles sont disponibles.

Ces éléments militent donc en faveur d'une politique audacieuse et originale en matière de fonds documentaires et de bibliothèque. L'effort financier à consentir, tant pour l'achat des ouvrages que pour la mise à disposition des données, n'est pas mince. L'expérience montre cependant que c'est l'un des prix à payer pour qu'en SHS et dans les deux axes assignés à la MSH, celle-ci se constitue comme le centre de ressources incontournable dans le paysage scientifique français.

Par ailleurs, la question des horaires et de l’accès au centre de documentation est fondamentale car elle conditionne en partie la vie de la MSH. Il doit être explicitement prévu dès le départ qu’il ne saurait être question d’en limiter l’usage aux heures dites "ouvrables". Cela nécessite une réflexion approfondie sur son mode d’organisation et de fonctionnement. Une concertation avec les autres MSH du réseau sera de ce point de vue très utile pour connaître les solutions apportées à ce problème dans les autres Maisons.

 

• Condition nécessaire n°2 : la résidence•

 

Au titre des autres conditions nécessaires (sinon suffisantes) du travail inter-équipes et interdisciplinaire que nous prônons, figure également la mise à disposition de bureaux, salles de réunion et salles de conférence en nombre suffisant pour favoriser l'implantation partielle ou totale des équipes sur le site.

Douce nécessité que cette obligation de résidence pour les équipes qui, comme "ATI" et quelques autres, sont actuellement à la recherche de locaux. Intéressante perspective mais plus problématique pour celles qui auront à quitter le site de leur composante et à s'éloigner géographiquement des formations où leurs chercheurs enseignent. Sans doute leurs locaux ne sont-ils pas adaptés, souvent insuffisants — ce pourquoi leurs responsables sont désireux d'accéder à de nouvelles surfaces. Pour autant, leur départ pour la MSH ne va-t-il pas les couper de leur environnement pédagogique et scientifique ?

Et à l'inverse, comme nous le signalent par exemple Patrice Geoffron, directeur de l'UFR de Sciences économiques et Ariane Desporte, directrice de l'UFR de Lettres et Sciences humaines, tous les deux de Paris 13, le départ d'une équipe ou d'un laboratoire de recherche ne va-t-il pas priver la composante et les formations de la présence régulière des enseignants qui y interviennent ?

Il y a là un problème auquel, d'ores et déjà, plusieurs collègues ont fait écho, d'autant plus important qu'il pourrait conduire des équipes à préférer leur situation, inconfortable mais au sein de leur université, à celle, plus confortable mais éloignée de leur université que la MSH leur offrirait.

À ce problème les solutions que nous proposons sont les suivantes :

• Premièrement, la participation d'un chercheur aux activités de son équipe, là où elle se trouve, ne lui interdira pas d'assurer ses enseignements, là où les formations sont dispensées. Il y est d'ailleurs obligé lorsque cet enseignement fait partie de ses missions et de son service statutaire.

 

• Deuxièmement, la délocalisation complète d'une équipe hébergée par la MSH ne sera ni obligatoire ni même forcément souhaitable.

Sans doute y aura-t-il à examiner les situations au cas par cas (ce que nous avons d'ailleurs déjà commencé à faire). En attendant, l'on peut toutefois considérer qu'il serait opportun qu’au minimum chaque équipe conserve une sorte d'antenne dans son université, locaux auxquels pourront accéder ses chercheurs lorsqu'ils auront à se rendre dans leur composante. À l’inverse, le maintien d’une implantation principale sur le site universitaire sera compatible avec l’installation de chercheurs et de doctorants dans la MSH, cette bilocalisation correspondant d’ailleurs, selon les dires des équipes, à une certaine différenciation de fait entre enseignants-chercheurs et chercheurs à plein temps.

 

• Troisièmement, il restera de toutes façons possible aux équipes de procéder à l'inverse : conserver la jouissance des locaux mis à sa disposition dans leur composante et ne disposer que d'une antenne au sein de la MSH.

 

• Quatrièmement, la résidence au sein de la MSH constituant toutefois l'objectif à poursuivre, il conviendra d'y favoriser la création et la disponibilité de surfaces d'accueil permettant l'implantation, aux côtés des chercheurs confirmés et des doctorants, des étudiants de DEA ou même de 2e cycle associés aux travaux de l'équipe.

 

• Cinquièmement, quel que soit le principe retenu, il sera indispensable de privilégier, au moment de la réflexion sur l'implantation définitive, le critère de la qualité des moyens d'accès et de transport en commun de et vers la MSH.

 

Par-delà ces principes, les dispositions concrètes à prendre dépendront de toutes façons très probablement d'un certain nombre de cas particuliers qu'à ce stade, il est impossible de prévoir. Reste qu'avec ses avantages et ses contraintes et les compromis à inventer entre les uns et les autres, la résidence des chercheurs sous le toit de la MSH apparaît essentielle à son bon fonctionnement et à ces corrélations inter-équipes et interdisciplinaires qui donneront leur originalité et leur valeur à ses activités.

Cet objectif devra faire l'objet d'une attention d'autant plus soutenue que l'habitude des chercheurs français en SHS et l'organisation traditionnelle du travail les portent davantage à transformer une ou plusieurs pièces de leur domicile privé en annexe de l'université. `

Ici encore, c'est une petite révolution touchant à la manière de faire la recherche, plus socialisée, plus collective qui est préconisée...

 

 

 

 

2 - Trois ensembles concentriques

 

Ainsi qu'indiqué au départ, la désignation relativement précise d'une zone d'implantation pour la MSH "Paris nord" (et la plateforme) — au nord-est de Paris, dans le triangle La Villette, Aubervilliers, Saint-Denis — témoigne de la part des responsables du ministère de la Recherche de leur souci de fournir une contribution importante à l'aménagement du territoire et à la redynamisation des ressources universitaires de la Seine Saint-Denis. Elle ne témoigne pas moins de leur volonté d'assurer l'insertion optimale de la MSH dans son environnement géographique, scientifique, culturel et institutionnel tout en favorisant sa vocation nationale et internationale.

 

• Souplesse et mobilité•

Comment concilier ce double tropisme, local et national (voire international) ? A cette question générale s'ajoutent d'autres, plus concrètes mais tournant comme les précédente autour de cette double exigence assignée à la MSH : souplesse et mobilité.

Comment rattacher à la future MSH des équipes dont les contributions lui sont indispensables mais qui, en aucune manière, ne peuvent envisager d'être hébergées par elle ? Ou bien, question plus liée à la précédente qu'il n'y paraît, comment s'assurer que les équipes hébergées ne constituent pas une sorte de club fermé, dont le membership procéderait de la cooptation et dont, du même coup, l'exclusion serait impossible ? Et de fait, comment imaginer que des équipes ayant installé leur matériel, leur logistique et leur personnel puissent au bout de quelques années être priées de retrouver, dans les universités qu'elles auraient quittées pour rejoindre la MSH, des locaux qui, de toutes façons auraient été attribués à d'autres, durant leur absence ? À l'inverse, comment ménager à des équipes extérieures à la MSH la possibilité d'y être rattachées, puis progressivement hébergées ? Tous ces problèmes renvoient à une interrogation fondamentale sur la nature du lien entre les différentes équipes membres de la MSH ou rattachées à elle. C'est-à-dire au problème de l'indispensable mobilité des équipes.

Ces questions appellent évidemment des réponses touchant à la gestion scientifique de la MSH. En particulier, la mise en place d'un Conseil scientifique propre à la MSH, l'existence de celui du Réseau et les évaluations "ordinaires" de la MSU et du CNRS garantiront la vigilance de la tutelle. Pour autant, ces dispositions n'ont rien à voir avec les conditions matérielles liées au nécessaire renouvellement des équipes et des problématiques. A fortiori n'assureront-elles pas aux équipes appelées à intégrer ou à quitter la MSH les conditions propices à ces déplacements. En outre, elles n'apporteront de réponse ni à la question des rattachements géographiques ni à celle du statut des différentes équipes, selon la nature de leur lien avec la MSH.

Certes, l'on imagine sans difficulté les chercheurs de l'environnement plus ou moins proche — appartenant aux deux universités concernées, éventuellement à des universités intra muros et à des établissements d'Ile-de-France — y occuper des locaux sans, pour autant abandonner tout à fait leurs implantations originelles et les formations où ils enseignent. En revanche, l'on imagine beaucoup plus malaisément des chercheurs de province ou de l'étranger occuper de façon permanente des locaux au sein de la MSH "Paris nord". Quel sera alors le statut de ces chercheurs ?

En outre, pour la MSH comme pour tous les établissements du même type, la question se posera inévitablement du renouvellement des membres et des équipes. C'est-à-dire du départ de certaines d'entre elles, en perte de vitesse ou empruntant des trajectoires qui les éloignent des objectifs de la MSH. Ou bien au contraire de l'arrivée de nouvelles équipes, correspondant aux orientations de celles qu'héberge la MSH. Et ce, contre le penchant malthusien conduisant peu ou prou les chercheurs sur place à limiter autant que possible le nombre des nouveaux entrants.

Ici encore, il faut envisager un dispositif organisationnel susceptible, sinon apporter des réponses définitives, du moins aider à amorcer des solutions viables aux nécessairement mouvements vers et hors la MSH.

L'interrogation porte donc sur la mobilité. Pour y répondre, il faudra, certes, prévoir des modalités de contrôle, de suivi, d'évaluation et éventuellement de sanction. Mais il n'est pas moins nécessaire d'envisager dès le départ une configuration favorisant en souplesse les changements de statuts et la présence d'équipes entretenant avec la MSH des liens différents les unes des autres.

Autrement dit, cette configuration devra favoriser la coprésence d'équipes aux statuts hétérogènes, ainsi que l'intégration en douceur d'équipes nouvelles et le départ, tout aussi souple, d'équipes n'ayant plus leur place, pour une raison ou pour une autre, au sein de la MSH.

 

 

• Accès différenciés•

Telle que figurant sous la forme d'un graphe à la page suivante, la proposition que nous avançons est celle d'une organisation à trois niveaux, dont le principe est de favoriser aux équipes concernées un accès différencié à la MSH.

• Au premier niveau, correspondant à une sorte de "noyau dur", figureront en effet des équipes hébergées partiellement ou totalement au sein de la MSH. Probablement, pour les raisons indiquées plus haut, s'agira-t-il principalement d'équipes dont l'université ou l'établissement d'appartenance se trouve en Île-de-France.

• À celles-ci nous proposons de rattacher, à un deuxième niveau, les équipes faisant partie de leurs réseaux nationaux et internationaux. Ces équipes ne seront pas hébergées au sein de la MSH, mais elles y disposeront de structures d'accueil temporaires, pour tel ou tel de leurs membres, lors de séjours occasionnels. Comme celles qui seront hébergées, ces équipes pourront bénéficier des soutiens financiers, administratifs et logistiques liés à leur appartenance à la MSH. Elles pourront être françaises ou étrangères.

 

La question s'est posée de savoir s'il serait envisageable que des équipes non reliées à la MSH par ces "têtes de pont" que sont, en somme, les équipes du noyau dur puissent néanmoins y être rattachées, si leurs politiques et orientations scientifiques sont conformes à celles de la MSH. Sans que nous ayons dès maintenant un avis précis sur cette question, notre opinion est que ce cas pose tant de problèmes que l'on a du mal à en imaginer la réalisation concrète. Comment en effet une équipe extérieure à la MSH s'inscrirait-elle dans ses axes sans avoir noué de collaboration et sans en entretenir avec les équipes membres de la MSH ? Plus adaptée à une telle situation est la solution du troisième niveau.

• Ce troisième niveau est en effet celui des chercheurs ou des équipes rattachées à la MSH de manière ponctuelle, le temps d'un appel d'offres.

Disposant elles aussi de certaines des ressources de la MSH mais sans y être hébergées (sauf dans le cas des postes d'accueil de chercheurs, pour des durées allant de 3 à 10 mois), ces équipes contribueront aux travaux des équipes hébergées ou rattachées et pourront éventuellement, si elles le souhaitent et si l'occasion s'en présente, accéder au statut d'équipes rattachées, voire hébergées. Ainsi que cela a déjà été indiqué plus haut, c'est cette procédure d'appel d'offre, adressée aux meilleures équipes des domaines concernés, qui, plus que toute autre, assurera à la MSH sa vocation nationale et internationale.

A l'inverse, il se pourra qu'une équipe hébergée mais en perte de vitesse abandonne son statut initial pour acquérir celui d'équipe "rattachée". Cette situation intermédiaire lui permettra, si besoin est, de disposer du temps nécessaire pour se trouver une nouvelle localisation, tout en conservant (mais à titre provisoire) la jouissance des locaux lui revenant au sein de la MSH. Au bout d'un certain délai, l'équipe en question regagnera le statut d'équipe hébergée ou quittera définitivement la MSH.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

En plus des avantages évoqués précédemment, cette configuration à trois niveaux présente donc l'intérêt de créer les conditions du rattachement à la MSH des équipes d'excellence et de rendre plus aisée l'intégration de nouveaux venus, d'abord associés ponctuellement avant d'être éventuellement liés de manière régulière aux activités de la MSH. Elle suppose évidemment que des surfaces d'accueil temporaire soient prévues et que des crédits spécifiques soient disponibles pour les appels d'offre en question et que soient adoptées des modalités de gestion financière adaptées.

La vertu de ce dispositif est surtout qu'il permet de concilier les deux objectifs fixés à la MSH : s'appuyer sur les ressources locales mais développer une vocation nationale (et internationale). L'ambivalence suppose en effet que toutes les équipes associées aux travaux de la MSH n'aient pas le même statut ni le même mode d'insertion par rapport à elle. C'est à cette exigence que répond cette proposition de modalités différenciées d'accès à la MSH.

Un dernier avantage de cette configuration sera de favoriser des relations multilatérales, non seulement entre les équipes n'appartenant pas au noyau dur et celles qui y appartiennent mais encore entre toutes les équipes, appartenant ou non au noyau dur. Loin d'être le passage obligé de toutes les collaborations — ce qu'en tout état de cause, elle ne pourra pas être — la MSH stimulera des réseaux au sein desquels elle jouera un rôle essentiel mais pas forcément central.

 

 

 

3 - Complémentarités fonctionnelles•

 

Située en région parisienne et plus spécialement dans le nord francilien, la future MSH aura nécessairement à tisser des liens étroits avec les structures, programmes et établissements ayant des spécialités ou des orientations voisines de la sienne. Ainsi, si l'on considère le cas des recherches relevant de l'axe "Industries culturelles et arts", y a-t-il au moins une réflexion à engager dès maintenant avec :

- la plateforme "Arts, sciences, technologies"

- la Cité des sciences et de l'industrie

- divers établissements existants ou en projet, tels que le Métafort d'Aubervilliers et la Cité de la terre à Bobigny.

- l'Institut National d'Histoire de l'Art

Des uns et des autres il va être successivement question maintenant.

 

Plateforme "AST"

S'agissant de la plateforme "Arts, sciences, technologies", nous avons déjà eu l'occasion, d'évoquer à plusieurs reprises les résultats de nos échanges avec Jean-François Méla, touchant à la complémentarité à favoriser entre elle et la MSH. Cette complémentarité était d'ailleurs envisagée par les auteurs de la lettre de mission adressée à celui-ci en août 2000 et dont nous reprenons ici un extrait déjà cité en préambule de ce Rapport :

"Les liens de cette plate-forme avec la future "Maison des Sciences Humaines - Plaine Saint-Denis" devront également être définis. Ces opérations seront placées dans la perspective de constitution d'un pôle majeur de formation, de recherche et de transfert technologique, dans le domaine des industries de la culture, des arts et de la communication".

La proposition que nous faisons dans cette perspective peut se résumer dans les points suivants.

 

 Comme indiqué plus haut, la MSH intégrera des équipes dont une partie de l'activité trouvera un cadre plus adapté dans la plateforme. Il s'agira notamment des équipes développant des programmes de partenariat avec des Écoles d'art et des équipes répondant à des demandes de R&D en provenance des entreprises.

 Bien évidemment, tous les partenaires regroupés au sein de la plateforme n'auront pas à passer préalablement par la MSH ; certains, qui y figureront, ne développeront en effet aucune activité de recherche du type de celles qui seraient susceptibles d'être accueillies par la MSH.

 En revanche, la MSH pourra jouer, par rapport à la plateforme une sorte de fonction de "poisson-pilote", affichant notamment des pistes ou des axes de développement propres à déboucher sur des innovations de procédés ou de produits et canalisant du même coup et complémentairement les propositions des équipes de recherche et l'expression des besoins des entreprises.

Exceptionnelle (aussi bien pour les MSH que pour les plateformes), cette répartition des rôles se justifie, en l'occurrence, par le fait qu'à la différence de ce qui vaut pour les secteurs industriels "classiques", ceux de l'information, de la culture et de la communication sont hétérogènes et peu structurés. Du même coup, les mutations qu'ils connaissent, les besoins émanant des entreprises concernées et les grandes tendances des marchés et des usages sont particulièrement difficiles à appréhender sans les grilles de lecture que, pour leur part, certaines équipes de recherche sont à même de fournir.

 Entre les entreprises, d'une part, et l'ensemble MSH-Plateforme, d'autre part, le Pôle Audiovisuel, Cinéma, multimédia (en cours de structuration) jouera un rôle essentiel d'intermédiaire.

Compte tenu de ces éléments, il est indispensable que la MSH et la plateforme soient situées dans le voisinage l'une de l'autre ou, mieux encore, dans le même bâtiment. La proximité de la Cité des sciences et de l'industrie constituerait également un atout intéressant.

 

Cité des Sciences et de l'Industrie

 

S'agissant de la Cité des sciences et de l'industrie, les échanges de vue que nous avons eus avec son président, M. Demasure, notamment en juin et en novembre, ainsi qu'avec Madame Nekoval, l'une de ses adjointes, nous conduisent à proposer qu'une convention-cadre soit signée entre la MSH et la CSI.

Définissant les fonctions respectives des deux établissements, cette convention offrira un cadre permettant :

• aux chercheurs de la MSH de s'engager non seulement dans des actions de transfert de connaissances ou d'expertise et de vulgarisation mais encore dans la mise en œuvre et l'animation de véritables débats "citoyens" ou "conférences de consensus", selon les appellations actuellement en usage (et conformément à ce qui en a été dit plus haut)

• aux responsables de la CSI de faire appel à un "vivier" de ressources scientifiques susceptibles d'être sollicitées en fonction des besoins de la programmation et des activités de leur établissement

• au public de la Cité des sciences et de l'industrie d'accéder à la connaissance des avancées de la recherche scientifique dans les domaines couverts par les axes de la MSH. En particulier, les chercheurs de l'axe "Industries culturelles et arts" pourront être impliqués dans le projet de la Cité en vue de la création d'un "Sociolab", observatoire des usages des technologies d'information et de communication actuellement en gestation à la CSI.

 

 

Métafort

S'agissant de la collaboration avec le Métafort d'Aubervilliers, il est une difficulté qu'il ne faut pas se dissimuler. Depuis sa création, à l'initiative de Jack Ralite, au cours de la seconde moitié des années 90, et malgré plusieurs tentatives en provenance de l'Université Paris 13, il n'a pas été possible de nouer de véritables contacts avec cet établissement. S'il se confirmait, ce phénomène serait d'autant plus regrettable qu'en réalité, l'objectif du Métafort devrait faire de cette structure un partenaire privilégié de la MSH.

• Présenté par Pierre Musso, l'un de ses créateurs, comme une sorte de "Bauhaus électronique" et un peu conçu sur le modèle du ZKM, à Karlsruhe, le Métafort (ainsi nommé parce qu'il était initialement appelé à occuper l'ancien Fort d'Aubervilliers) a pour objectif de stimuler les "interactions entre la création et la recherche", en aidant pour ce faire à "l'émergence d'un art nouveau" et en "rapprochant l'art contemporain du public et de l'industrie".

Cet intéressant objectif a motivé le fort soutien dont le Métafort a bénéficié, auprès du Conseil général et du Ministère de la Culture.

• Désireux de nouer des contacts avec les institutions culturelles et universitaires, les responsables du Métafort évoquent à plusieurs reprises, dans leurs brochures, les universités du nord-est francilien, l'Ina, la Cité des sciences et de l'industrie et même un certain nombre d'écoles d'art.

• A notre connaissance, il ne semble toutefois pas qu'un réseau de ce type ait jamais été constitué. Pour ce qui concerne Paris 13, en tout cas, pour des raisons qui nous échappent et comme cela a été dit précédemment, les efforts de rapprochement sont toujours restés vains.

• Pour envisager une véritable collaboration entre l'ensemble MSH-Plateforme et le Métafort, il conviendrait d'examiner dans quelle mesure le programme "Prisme", structure de recherche associée au Métafort et qui vient d'y être créée, pourrait en constituer un support.

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S'il apparaît qu'une collaboration est possible, elle se traduira par une configuration permettant à la MSH et à la plateforme de nouer avec le Métafort, et sur le versant de la production artistique, des relations du même type que celles qui, sur le versant de la recherche et développement industrielle, sont envisagées avec le Pôle audiovisuel nord parisien et, sur le versant "diffusion culturelle", avec la Cité des Sciences et de l'industrie.

 

Cité de la terre

Bien que cet ambitieux projet porté par Claude Mollard n'en soit encore qu'au stade de l'étude, son implantation prévue à Bobigny, le long du canal de l'Ourcq et les missions que son initiateur lui assigne, concernent d'assez près le projet de MSH pour que nous envisagions dès maintenant les modalités d'un éventuel rapprochement.

• Initialement présenté par Claude Mollard comme un "équipement urbain, culturel, économique, touristique, éducatif et civique", le projet de Cité de la terre vise à se constituer comme "une vitrine pour le développement durable et les valeurs de l'écologie". Il contribuera donc à sensibiliser "le grand public aux enjeux du développement durable en France et dans le monde" et offrira aux entreprises "un lieu de rencontre, d'échange et de formation autour de l'intégration du management durable dans leur organisation". L'ensemble se déploiera sur une superficie de près de 20 000 m2.

• Le volet culturel et artistique du projet met l'accent sur le développement de nouvelles pratiques culturelles, faisant appel aux images et musiques du monde ainsi qu'aux "capacités des nouvelles technologies comme moyens de rencontres, formes de connaissance et d'apprentissage.

• Lors de la présentation officielle du projet le 25 septembre 2000, son promoteur évoque la nécessité "primordiale de continuer à travailler à la mise en réseau et en synergie" de toute une série de projets et programmes, notamment l'extension de Paris 13 sur le site de L'Illustration. Il formule également l'intérêt d'

"accueillir à terme des équipements d'enseignement et de formation, dont les orientations, déduites des activités de la Cité de la terre et des enseignements pré-existants à Bobigny, pourraient être culturelles, environnementales, en articulation aux nouvelles technologies de l'information et de la communication fortement présentes sur le site."

Dans ces conditions et si, telles que brièvement résumées ici, les intentions se concrétisent dans les mois qui viennent, il sera indispensable que la MSH noue et entretienne des relations suivies avec ce projet. Une relation du même type qu'avec le Métafort et la Cité des sciences et de l'industrie pourra alors être envisagée. Elle fera jouer à la MSH une fonction de vivier scientifique par rapport à la Cité de la terre, tandis que celle-ci offrira à la MSH l'occasion de faire connaître les résultats et enjeux de ses recherches et de les soumettre aux experts et au grand public, notamment sur des thèmes comme ceux du risque (technologique aussi bien qu'alimentaire.

Il est vrai que les complémentarités fonctionnelles de la future MSH avec les établissements, institutions, programmes et projets de son environnement immédiat restent conditionnées, à l'heure actuelle, par les suites qui leur seront données. Il n'en reste pas moins que l'on aperçoit déjà comment elles pourront s'organiser. Du moins le schéma ci-dessous en propose-t-il une représentation simplifiée.

 

 

 

 

• Institut National d'Histoire de l'Art•

 

Par rapport aux questions précédentes, celle des relations de la future MSH avec l'Institut National d'Histoire de l'Art se situe à un autre niveau. Si la lettre de mission fait explicitement allusion à cet organisme, c'est à un double titre :

_ éviter tout risque de chevauchement, a fortiori de concurrence entre les deux établissements, sur le domaine de l'art

_ au contraire favoriser entre eux d'éventuelles collaborations.

Deux échanges de vue, l'un avec M. Schnapp, directeur de l'INHA, l'autre avec Mme Mengin, du cabinet du Ministre de la recherche, nous ont, certes, permis d'évoquer ces problèmes. Toutefois, de notre part, ils n'ont pas encore fait l'objet de réflexions et de concertations suffisamment poussées pour que, pour le moment, il soit possible d'aller au-delà des observations suivantes.

 

• Trois équipes, à notre connaissance, pourraient intégrer la future MSH, tout en état déjà accueillies par l'INHA. Il s'agit des équipes de Paris 8, respectivement dirigées par Françoise Decroisette (sur la musique baroque et ses publics) et par Guy Fihman (sur l'holographie et sur le cinéma des origines) ainsi que de celle, en étude cinématographique, dirigée par Roger Odin (Paris 3).

Cette double appartenance ne pose pas de problème particulier, les équipes en question développant des programmes différents dans les deux cas. En particulier, leur rattachement à la MSH s'effectue sur la base de la question "Industries culturelles et arts", laquelle n'entre pas directement dans le champ de compétences de l'INHA.

 

• Les préoccupations des deux organismes sont à la fois différentes et complémentaires.

Ainsi que le précise le Programme général de l'INHA, cet Institut a en effet pour vocation de constituer "un centre de ressources visant l'exhaustivité en histoire de l'art et archéologie", de "rassembler les enseignements, séminaires de recherche, revues et sociétés savantes" dans le domaine et enfin de "donner à la recherche en histoire de l'art un nouvel élan par le développement de programmes concertés et un soutien logistique et financier aux équipes de recherche".

Nul chevauchement possible entre ces objectifs et ceux de la MSH. De fait, celle-ci n'est pas réellement orientée vers l'histoire de l'art, même si, par le biais de l'histoire sociale de l'art, notamment, elle peut éventuellement recourir aux ressources de cette discipline. En outre, la vocation pluri et interdisciplinaire de la MSH la distingue fortement d'un établissement qui, dans son domaine, vise la spécialisation et l'excellence. Enfin, l'ouverture de la MSH à des formes d'art, peu prises en compte par l'INHA, notamment les nouvelles images et l'art numérique offrira un prolongement, éventuellement une mise en perspective, aux travaux réalisés au sein de l'Institut. A cet égard, le séminaire évoqué précédemment sur les œuvres d'art à l'ère du numérique, tenu à l'INHA mais dans la perspective de la MSH, préfigure peut-être le type de collaboration qui pourrait se nouer entre les deux organismes.

• Si le projet "MSH" est validé, il sera souhaitable que reprenne la concertation entre les responsables du projet et ceux de l'INHA. Elle pourrait porter sur deux questions en particulier.

a) Dans quelle mesure, sur les thèmes relevant de préoccupations complémentaires, des opérations conjointes ne seraient-elles pas envisageables (appels d'offre, invitations de chercheurs étrangers) ?

b) N'y aurait-il pas la possibilité (et à quelles conditions ?) de faire jouer aux deux organismes des fonctions de "guichet" ou de "porte d'entrée" l'un par rapport à l'autre ? À l'INHA, la MSH offrirait par exemple l'accès à des ressources universitaires ainsi qu'à celles du réseau des MSH avec lesquelles l'INHA n'a pas déjà établi de relations. À l'inverse, à la MSH l'INHA ménagerait l'accès à ses ressources scientifiques et documentaires. Ainsi pourrait se constituer une coopération équilibrée, profitable aux deux organismes.

 

 

• •

 

Au terme de ce trop rapide passage en revue des modes internes de coopération et des modalités externes de collaboration appelés à configurer les relations de la MSH avec son environnement, deux éléments apparaissent clairement.

• D'une part, si la situation géographique de la future MSH ne la met pas à l'abri de toute menace d'enclavement, elle-même liée à la réalité et aux pesanteurs d'un territoire encore fortement destructuré, il n'en reste pas moins que la configuration à trois niveaux qui pourrait organiser les contributions des différentes équipes devrait au minimum compenser ce risque et peut-être, aider à tirer avantage d'un inconvénient. Le noyau dur des équipes qui, voisines, sont de toutes façons déjà présentes, sera enrichi de contributions externes d'autant plus profitables qu'elles seront régies par des liens plus souples avec la Maison.

• D'autre part, si la MSH parvient à nouer, entretenir et amplifier les liens qui viennent d'être envisagés avec des organismes tels que la plateforme "AST", la Cité des Sciences et de l'Industrie, le Métafort ou l'Institut National d'Histoire de l'Art (sans oublier par ailleurs l'Inria et le Limsi pour ce qui concerne plus particulièrement les nouvelles technologies), il y a fort à parier qu'elle profitera d'un environnement favorable au moins autant qu'elle lui profitera. A cet égard, la médiation des collectivités locales sera d'une importance déterminante en faveur de l'insertion optimale de la MSH.